CE QUI INSPIRE MALCA

Le 17 Nov 2017, par Farah

Avoir une conversation avec Malca, le jeune prodige de la musique d’origine casablancaise, c’est un peu comme écouter sa musique : c’est passer un moment rafraîchissant, stimulant et inspirant. Rencontre à la veille de la sortie de son nouvel EP dont le premier titre Casablanca Jungle a dépassé les 100 000 vues sur Youtube.

On te compare souvent au Kid de Minneapolis aka Prince, qu’en penses-tu ?

À aucun moment je n’oserai me comparer à lui, mais cette comparaison a en effet une origine : à Paris, on m’a souvent sollicité pour l’interpréter et donc j’ai fait plusieurs « tributes » à Prince. Ce qui m’a toujours fasciné chez lui, c’est son androgynie. Là où il m’a inspiré, et que l’on retrouve peut-être dans « Ya Layli », c’est qu’il m’a décomplexé et j’ai osé chanter quelque chose de très sensuel voir sexuel – avec une voix féminine – alors que j’ai une voix masculine. Prince a tellement inspiré son temps et la musique de manière générale que ce n’est même plus une référence, on l’a assimilé.

Le 14 décembre prochain, tu monteras sur la scène du Point Ephémère à Paris. Et les Casablancais, quand peuvent-ils espérer te voir ?

J’espère vraiment pouvoir jouer devant mon public marocain, à Casa ou ailleurs. Mais ça ne dépend malheureusement pas que de moi. Jouer à Casa, c’est une émotion particulière, donc j’aimerais venir le plus souvent possible en 2018.

Tu as fait la prestigieuse scène du Pitchfork Avant Garde. Que représente la scène pour toi ?

Pour être sincère, je n’ai pas ressenti d’émotion particulière en faisant Pitchfork. Je me sens juste béni de pouvoir faire de la scène. Que ce soit pour Pitchfork ou devant 50 personnes en province, je m’éclate de la même façon ! Dans ma musique, la scène est 10 fois plus importante que le studio. C’est le but : voyager et aller à la rencontre des gens.

À part la musique, qu’est-ce qui te fait vibrer ?

C’est difficile à dire, parce qu’au final je ramène toujours tout à la musique ! Mais il y a plein de choses… L’histoire du Maroc me fascine, je suis très sensible à la politique aussi. Mais pas que. J’aime aussi la mode, j’observe beaucoup les créateurs. D’ailleurs, je suis en train de dessiner et de préparer quelque chose, ça arrivera certainement deuxième moitié de 2018. Ce sera une capsule qui portera peut-être le nom Malca ou que je lancerai sous un nouveau nom, je vous tiendrai au courant. Ce sera dans un esprit urbain, ethnique et futuriste.

Où te vois-tu dans 5 ou 10 ans ?  Quelles collabs rêves-tu de faire?

Je m’intéresse au cinéma, j’ai été très impliqué dans la réalisation de mes derniers clips, et j’ai adoré dirigé. Donc un jour peut-être, pourquoi pas, je raconterai une histoire que je ne peux pas exprimer assez justement en musique.

Dans ma musique, je suis assez égoïste, donc pour l’instant je ne rêve d’aucune collaboration en particulier. Dans 10 ans, si j’ai encore des choses à dire, je continuerai. Mais avoir touché mon rêve du doigt me suffira : si tout doit s’arrêter dans 10 ans, je n’aurai aucun regret. Mais pour l’instant j’ai encore beaucoup de choses à dire !

Dernière question, la « eaZylife » pour toi, ça se résume à quoi ?

Wow ! C’est la question la plus compliquée à laquelle j’ai eu à répondre ! Quelque part je la vis déjà la « eazylife », parce que je me contente tellement de ce que j’ai après ces 10 années à essayer à faire de la musique ma vie, que je ne vois pas ce que je pourrais vouloir de plus… J’adore ce que je fais, les gens me disent qu’ils aiment ce que je fais. Et continuer à pouvoir faire de l’art, être compris et aimé autant que j’aime les gens, ça serait ça, ma définition d’une « eazylife ».

Rejoignez la communauté
eaZylife

Rejoignez la communauté eaZylife